par l'abbé Gad Aïna
Frères et sœurs dans le Christ,
Je vous propose de vivre cette deuxième station vers Pâques avec le mot PROJET.
Dans le projet, nous découvrirons l’élection de Dieu qui se compose d’un appel et d’une mission. Puis nous verrons l’objectif final du projet ou du plan de Dieu et bien sûr la démarche pour atteindre cet objectif final.
Pour commencer, prenons Abraham pour modèle comme le suggère la première lecture. Dieu vient s’approcher d’Abraham. Il le choisit. Vous voyez là son élection. Ensuite, le « choisi » est appelé par Dieu à quitter son pays pour aller vers un endroit inconnu que Dieu lui indique. Cette élection d’Abraham l’amène à se lever, à quitter son pays, démarche nécessaire pour accomplir ce que Dieu lui demande. L’élection est toujours tournée vers une mission. Dieu, quand il nous choisit, veut que nous accomplissions l’extraordinaire, par l’obéissance à sa parole à et sa volonté. Abraham entre, par sa démarche, dans le projet de Dieu. L’objectif que Dieu lui assigne est double. Le premier objectif, dans le passage, est qu’il sera béni ; le deuxième est la terre que Dieu lui donnera. Abraham obéit et cela est tenu pour un acte de foi.
Si nous projetons ces éléments sur la personne de Jésus, nous découvrons et comprenons la Transfiguration comme le lieu de la manifestation de l’élection de Jésus. Dieu vient nous dire le choix qu’il a fait de son Fils pour être la source de la bénédiction de tous les hommes. Dieu nous indique, par la Transfiguration, le pays de la Terre Promise éternelle qu’est le ciel, qu’il destine à la multitude de ses enfants. Ce choix et cette mission que Dieu révèle par la transfiguration, Jésus lui-même en avait indiqué la démarche : la Passion et la mort, le renoncement à soi pour prendre la croix et accomplir la volonté de Dieu. Quitter donc un pays pour un autre revient à quitter ses choix pour observer les choix de Dieu. Quitter un pays pour un autre revient à se lever vers la Patrie Céleste et les biens éternels : une élection avec un choix et une mission ; une démarche et l’objectif de la bénédiction et de la véritable Terre Promise, le Ciel.
En cette deuxième station, disais-je, Dieu nous invite à cette pause pour reconsidérer le projet de notre carême. Le Seigneur nous rappelle le choix qu’il a fait de chacun de nous pour accomplir sa volonté. Il nous montre la gloire future comme une trouée vers la lumière de Pâques. Nous pouvons ainsi nous réjouir avant l’heure de l’objectif final et de la bénédiction qui sera la nôtre. On comprend alors l’exhortation de Saint Paul à Timothée. Il dit clairement : Dieu nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes ou de nos mérites mais à cause de son projet à lui et de sa grâce… cette grâce (cette décision) il l’a manifestée par l’apparition de Jésus-Christ qui s’est manifesté.
Ainsi, en se manifestant et en nous apparaissant, Dieu manifeste la grâce qu’il avait prévue pour toujours pour nous. Il révèle son projet dans la Passion, la mort et la résurrection de Jésus. Et comme le dit saint Paul, même si dans ce monde encore, la vie et la mort sont mêlées, la souffrance et l’immortalité sont inextricables, le croyant perçoit cette lumière perçante qui troue la réalité et donne de voir, au-delà des efforts, l’incommensurable trésor de grâces. Prenons donc notre part de souffrance, les yeux fixés sur la récompense !