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Homélie pour le 7ème Dimanche de Pâques - année A - 2026

par l'abbé Gad Aïna

Frères et sœurs dans le Christ,

 

Les deux derniers dimanches, nous avons médité sur le mystère de l’Ascension à la fois comme une présence et une absence. Après sa résurrection et après qu’il soit monté au ciel, Jésus est en effet présent sous d’autres formes tout en étant absent. Je voudrais, à partir des textes de ce dimanche, expliquer en quoi ce que nous avons dit du Christ est valable pour les membres de son corps qu’est l’Église, au sujet de la prière. 

 

La prière manifeste l’absence-présence de Jésus. En effet, dans la première lecture, après l’Ascension, les apôtres, avec des femmes et Marie la mère de Jésus, se rassemblent pour prier. On peut affirmer de prime abord qu’en l’absence de Jésus, ses apôtres répètent les gestes de celui-ci mais dans cette prière comme dans la pratique chrétienne on ne prie pas seulement Dieu, on prie aussi Jésus le Christ. Ensuite, la prière se donne à voir comme le lien avec le ressuscité. De fait, lorsque Jésus était avec eux, ses disciples priaient avec lui. Ils le priaient aussi directement pour être enseignés ou obtenir des miracles. Après l’Ascension donc, la prière de l’Église s’élève vers son Seigneur et Chef et établit la communication avec lui. Ce rapport au Christ confirme son absence et révèle un autre type de présence. Ce rapport dans la gloire n’occulte pas le rapport à soi car la prière ne nous élève pas seulement vers Dieu, elle porte notre réalité personnelle et terrestre.

 

Dans la deuxième lecture, Saint Pierre insiste sur les combats et les difficultés liés à l’absence du Christ et au devoir de témoignage. Dans la logique de la prière, la qualité de vie et de témoignage, la persévérance du chrétien ou de la chrétienne que nous sommes se ressourcent dans cette relation de l’absence et de la présence; parce que, d’une part l’absence de Jésus nous fait ressentir douloureusement le mal que nous subissons et d’autre part la présence de l’Esprit en nous nous fait réaliser combien notre relation à Jésus suscite contradiction. Notre prière donc, comme notre endurance dans le bien et notre témoignage, dépendent de cette relation et doivent la porter.

 

Le troisième point en lien avec la prière comme lieu de l’expérience avec Jésus et de lien avec lui se trouve dans l’évangile. La prière de Jésus reprend cette logique de l’absence et de la présence qui le concernent et l’applique à ses disciples et à tous ceux qui croiront en lui. S’il quitte le monde et qu’il va vers le Père, c’est justement qu’il n’est pas du monde et qu’il va vers le sien. Ses disciples feront la même démarche que lui et donc ils sont dans le monde mais ne sont pas du monde. Cette attitude relaie un mouvement dans la prière de Jésus qui est aussi à la fois le mouvement de notre vie spirituelle : je veux nommer notre situation entre le temps et l’éternité. Les préoccupations de la prière du Christ nous éclairent sur notre présence en ce monde, notre mission et interpellent notre prière pour qu’elle reprenne ces préoccupations là. 

 

Qui sommes-nous sur cette terre ? Pourquoi sommes-nous là ? Vers qui allons-nous ? Quel est notre rôle, notre mission dans ce monde ? Comment notre prière doit-elle soutenir notre présence en ce monde et donner du sens à notre relation avec Dieu, voilà ce que Jésus nous révèle dans sa prière. Puissions-nous obtenir par les mérites de cette eucharistie, la grâce de nous réunir souvent comme les disciples et ne pas vouloir prier toujours seul ! Puissions-nous obtenir par cette eucharistie la force nécessaire que donne la prière dans les adversités ! Puissions-nous obtenir la grâce de ne pas concentrer nos prières sur nos besoins terrestres mais que nos prières portent la saveur de l’éternité vers laquelle nous nous dirigeons.

 

Amen