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Homélie pour le Dimanche de la Fête Dieu - année A - 2026

par l'abbé Gad Aïna

Frères et sœurs dans le Christ,

 

Permettez-moi de revenir sur une appellation de l’Eucharistie : la communion. Ce nom donné au Sacrement de son Corps et de son Sang, institué par Jésus en signe de l’Alliance Nouvelle, la veille de sa mort, résonne autrement ce dimanche. La réalité de la communion prend en compte la participation commune au Corps et au Sang de Jésus, union au sacrifice de Jésus pour nous unir à lui et la formation active du seul corps qu’est l’Église. Saint Paul l’explique bien dans la deuxième lecture. Je l’évoque en premier car cette bénédiction de la coupe et ce pain partagé (la fraction du pain) constituent la toute première mention de l’Eucharistie dans le Nouveau Testament, antérieure à nos évangiles. Paul est parti de la pratique des offrandes aux idoles et de la manière dont elles réalisent une union avec la divinité en partageant son banquet sacré. Chez les juifs également, manger la victime accomplit une communion avec l’autel. Après donc avoir expliqué l’inanité des idoles et le risque de pactiser avec les démons en communiant aux repas idolâtriques, Paul explique comment l’eucharistie crée l’union avec le Christ et entre les membres de la communauté. 

 

Célébrer l’eucharistie c’est donc d’abord rassembler le peuple de Dieu qui a été sauvé par Jésus ; pour le peuple réuni, c’est ensuite offrir un sacrifice, celui de Jésus à Dieu ; c’est encore participer à ce sacrifice de la croix en mangeant tous ensemble le corps et en buvant tous le sang de Jésus ; puis encore, c’est nourrir les membres et signifier le corps de Jésus qu’ils réalisent. Le corps en lien avec la réalité du pain, c’est l’unité ; le sang, c’est la vie née du sacrifice. Le pain signifie l’unité car les grains sont moulus, la farine est pétrie avec du levain ou non, cuite au four pour donner le pain. Les membres du Corps du Christ sont moulus pour former le peuple de Dieu, ils sont pétris par les Mains du Père qui réalise l’Alliance. La passion du Christ est ce feu qu’il tarde à Jésus d’allumer afin de cuire son corps, qu’il devienne un par la puissance de l’Esprit Saint. Le sang principe de vie est celui que Jésus versa dans cette même passion qui donne vie à ce Corps qui le nourrit de la vie de Dieu, le sang maintient et alimente le corps. C’est le sang qui cimente le lien du corps et communique à chaque organe le nécessaire à sa vie qui devient inséparable du Corps entier.

 

On se rend compte que l’eucharistie- communion répond à la volonté de Dieu d’unir un peuple, le sien et en étant présent à son peuple, d’unir ce même peuple à lui ; comme si l’homme ne pouvait s’unir à Dieu, comme si l’homme ne pouvait s’unir à un autre homme ! Dieu, après avoir accompli son dessein de se faire l’un de nous, de vivre comme nous, a décidé, dans la prolongation de cet amour, de nous épouser. On pourrait même ajouter que la volonté de Dieu est finalement d’établir une demeure perpétuelle afin de nous accorder de cheminer vers lui. Ainsi, l’homme séparé de lui est uni à lui en son Fils, ainsi les hommes réalisent une union entre eux qui leur est impossible. L’eucharistie devient facteur essentiel de l’unité des chrétiens entre eux et avec Dieu.

 

L’intelligence de certaines répercussions pastorales vient aussi de ce passage. Comment vivons-nous l’eucharistie ? Quels rapports à l’unité de l’Église sourdent de nos célébrations ? Jésus nous dit que, par son corps, on demeure en lui et qu’on est envoyé comme lui pour vivre du Père ? Comment cette vie eucharistiée nous approche-t-elle de Dieu pour la communion éternelle ? Penser, vivre la communion c’est répondre activement à ces questions.