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Homélie de l'abbé Marc Matondo le 3 juillet 2022, à l'occasion du jubilé sacerdotal de l'abbé Gibert Dantiacq et de l'abbé Daniel Décha

Cher abbé Daniel Décha, curé de la paroisse Saint Jean l’Évangéliste, célébrant le jubilé de Rubis (40 ans),

Cher abbé Gilbert Dantiacq, prêtre auxiliaire, célébrant le jubilé de Diamant (60 ans),

Cher abbé Michel Mainhaguiet, ancien curé de la Sainte Trinité,

Cher André Robquin, diacre permanent aidant sur la paroisse Saint Jean l’Évangéliste,

M. Jean-Louis Bourricaud, représentant M. le Maire Claude Olive, empêché,

Chers membres du Conseil Pastoral Paroissial,

Chers frères et sœurs dans le Christ !

 

            « Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle, soyez dans l'allégresse, vous tous qui la pleuriez ! » Telle est l’invitation que Dieu nous adresse en ce jour de fête et de joie à l’occasion de la célébration des 60 et 40 ans des ministères sacerdotaux des abbés Gilbert Dantiacq et Daniel Décha. Rendons grâce à Dieu pour ces années de vie consacrées au Seigneur, pour le rendre présent dans le monde à travers les célébrations sacramentelles.

 

Chers pères Gilbert et Daniel !

Dans la tradition congolaise, un jeune n’a pas le droit de parler au « Mbongui ». Il a le devoir de rester assis pour écouter la sagesse des anciens qui ont l’expérience de la vie et de la société. Même si par l’ordination sacerdotale, j’ai intégré le rang des anciens, mais devant vous, je ne suis qu’un jeune et je devrais plutôt vous écouter. Pourtant, au Mbongui, c’est le jeune qui joue le tam-tam qui fait danser les anciens. Cette méditation à l’occasion de vos jubilés est à prendre comme un son de tam-tam pour parfumer et égayer votre expérience ministérielle.

Permettez-moi de vous appeler chers aînés, car vous êtes pour moi des aînés et pour l’abbé Gilbert particulièrement, une icône. Si j’étais tenté de vous poser une question, ce serait celle de savoir le motif qui vous a poussés à devenir prêtres ? À cette question difficile, on ne peut donner ni une réponse scientifique ni satisfaisante, parce que la vocation est un mystère. Oui, un prêtre ne fait pas du sacerdoce une carrière, mais un service. En donnant vos vies au Seigneur, vous avez fait le choix de vous décentrer de vos vies afin d’être le sacrement du Christ dans le monde.

Chers Pères ! Durant ces 60 et 40 années de ministère, vous avez fait le choix de « porter dans vos corps les marques des souffrances de Christ. » C’est-à-dire, vous avez crucifié vos vies pour que le monde rayonne la joie du Christ. Cette joie est celle de l’annonce de l’Évangile, car à chaque annonce de l’Évangile, l’Église, la Jérusalem nouvelle, enfante des nouveaux enfants qu’elle nourrit de la vie divine.

Oui, frères et sœurs, par le sacrement de baptême, l’Église, la Jérusalem nouvelle, par l’entremise des abbés Gilbert et Daniel, a enfanté des enfants qui portent en eux la joie du ciel. On le chante si souvent : « Notre cité se trouve dans les cieux », et saint Cyrille d’Alexandrie dit avec raison que « dans l'Église du Christ, pas de place pour la tristesse ; l'Église est riche de l'espérance de la vie sans fin et de la gloire sans déclin ».

J’ai parlé du sacerdoce comme un mystère parce que le prêtre est choisi par le Christ ; il est envoyé en mission pour transmettre l’amour de Dieu aux hommes sans distinction d’âge, de sexe et de couleur. Un prêtre tribaliste, raciste, est un prêtre qui n’a pas compris sa mission. Un prêtre est un bâtisseur de ponts d’unité. Il est envoyé pour réchauffer les cœurs des fidèles attiédis par l’indifférence, endoloris par la souffrance et le désespoir. Il est envoyé pour alléger les fardeaux trop pesants des hommes et des femmes qui sont dépassés par les événements de la vie, pour leur apporter l’espérance. Il est envoyé pour célébrer la vie du Christ dans le monde.

Chers aînés, durant 40 et 60 ans de ministère sacerdotal, vous n’avez fait que cela ; semer l’espérance, la joie et l’amour de Dieu dans tous les coins et recoins du diocèse et au-delà du diocèse de Bayonne. Vous vous êtes investis dans des associations caritatives comme Emmaüs, vous avez accompagné les malades en tant qu’aumônier de l’Hôpital ; vous avez guidé les jeunes dans l’enseignement catholique et dans les mouvements des Scouts et Guides ; vous avez, autant que faire se peut, œuvré pour la formation des fidèles laïcs ; bref : vous avez servi le Seigneur dans la joie, la fidélité et la confiance totale comme curés et vicaires.

J’ai compris pourquoi vous êtes devenus prêtres ! Ce n’est pas pour recevoir la gloire des hommes ou s’enrichir des biens matériels, mais pour que vos noms soient inscrits dans les cieux, et aider les fidèles chrétiens à être aussi inscrits dans les cieux.

Néanmoins, tout n’était pas facile. Vous avez aussi trouvé de la résistance et de la déception pastorale dans vos différents parcours pastoraux. Vous avez fait face aux critiques, c’est le lot de tous les prêtres. Je partage avec vous une blague de l’abbé Daniel qui dit souvent avec humour : « le marché du Quintaou est plein de monde, mais pourquoi ne viennent-ils pas à l’église ? » Je comprends que ce phénomène vous attriste, de voir que les gens ne pratiquent plus. Vous avez même à juste titre instauré l’Adoration Eucharistique et chaque matin vous sortez le Saint Sacrement pour adorer le Seigneur pour qu’Il touche les cœurs des chrétiens qui ont oublié le chemin de l’église. Ne perdez pas courage. Souvenez-vous du message de Bernadette Soubirous, la messagère de Lourdes, à ses interlocuteurs : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire, mais de vous le dire ». En dehors du Seigneur, rien n'est possible.

Et aujourd’hui le Christ vous adresse cette parole : « Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :  ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser.’ »

Ce qui signifie que vous ne devez pas vous arrêter sur vos échecs, vous devez avancer parce que le règne de Dieu que vous annoncez est tout proche et la mission est un défi extraordinaire. Cependant, « réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » Amen !

Abbé Marc MATONDO

 

 


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Homélie à l'occasion des jubilés des abb
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