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Homélie de l'abbé Daniel Décha, le 25 juillet 2021 à la Trinité


En ce 17ème dimanche du temps ordinaire, nous faisons acte de mémoire. Mémoire de la présence bénéfique au sein de la communauté chrétienne de la Trinité de l’abbé Pettan Diriart dont nous célébrions le passage en Dieu, ou pour employer une expression biblique, sa Pâque, le 11 juillet dernier. Après une vie bien remplie, il remettait son « ouvrage » en Dieu. Nous célébrions aussi, il y a tout juste un an, la Pâque, le passage en Dieu, d’André Mendiboure dont nous aurions tant voulu qu’il reste physiquement au sein de ce quartier pour qu’il voit grandir les enfants de ses enfants et s’épanouisse dans la vie familiale.

La vie sportive reliait ce pasteur et cet homme de foi et d’espérance : la pelote et le club Hardoytarak avaient une grande place pour eux deux, puisqu’existait de longue date ce fronton où nous célébrions le 15 juillet, les obsèques présidées par notre évêque. Mais plus que ce jeu aux multiples facettes, c’était leur présence chrétienne qui les caractérisait.

Le premier avait pris la suite de l’abbé Detchart. Il avait embelli cette église qui était devenue depuis un jour de 1960, à la demande de l’évêque de l’époque, le lieu de rassemblement des chrétiens de ce quartier en pleine expansion. Le rassemblement dominical était le point d’ancrage de nombreuses familles, de jeunes, d’enfants, d’adultes qui pratiquaient plus que maintenant et célébraient les merveilles de Dieu accomplies en Jésus-Christ.

Le second, père de famille, prenait sa part dans la vie de la paroisse. Rythmant sa vie professionnelle, associative et surtout familiale avec ces rendez-vous divins avec le Dieu de toute bonté en cette église, à l’ombre du fronton d’Hardoytarrak 

Si nous honorons André et Pettan ce n’est pas pour garder une mémoire lointaine de leur passage et regarder le passé avec nostalgie, mais pour dire l’importance de ces deux acteurs et oser envisager l’avenir.

C’est vrai, nos visages ont bien changé depuis que l’abbé Pettan, curé de la Trinité à Anglet, s’était installé au presbytère le 10 avril 1974. Le temps de la jeunesse et de la maturité a fait place au temps où la vieillesse a fait son apparition. Nous sommes toujours là avec des années supplémentaires qui ont transformé nos regards et nos corps, mais ont fortifié nos âmes ; rides et cheveux blancs font partie de la réalité d’aujourd’hui. Il faut saluer alors la belle initiative de notre pape qui lui-même arrive à un grand âge. Il a souhaité marquer ce jour 25 juillet comme la journée des grands-parents et des personnes âgées.

Ne regrettons pas le passé, passons à la vitesse supérieure en accueillant celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. En lui tout est jeunesse. Si bien sûr nous répondons à son appel.

 

À la lumière de ce que nous lisons dans l’évocation rapide d’André et Pettan, revisitons ce psaume que nous avons médité et chanté :

 

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce

et que tes fidèles te bénissent !

Ils diront la gloire de ton règne,

ils parleront de tes exploits.

 

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :

tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;

tu ouvres ta main ;

tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

 

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,

fidèle en tout ce qu’il fait.

Il est proche de tous ceux qui l’invoquent,

de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

 

« Que tes fidèles te bénissent » eux qui reçoivent la nourriture céleste. Nourriture que tu as multipliée auprès des foules qui avaient tant besoin de paroles célestes, venant de Dieu.

 

« Tu leur donnes la nourriture au temps voulu » Pain eucharistique qui n’a cessé d’être partagé depuis la fondation de cette église jusqu’à ce jour qui nous rassemble… Même si les moments actuels ont perturbé quelque peu nos rassemblements. « Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » 

Ce sont les mêmes paroles qui résonnent en cette église depuis des décennies. Paroles prononcées par les prêtres qui se sont succédé en cette église. « Prenez et mangez ceci est mon corps, prenez et buvez ceci est mon sang »

Et retentit cet appel, donnez-leur vous-même à manger ! Ne serait-ce pas aussi notre mission que de donner cette nourriture sainte après avoir quitté cette église à ceux qui ont faim et soif de vérité ?

 

Oui, Seigneur, tu rassasies avec bonté tout ce qui vit, alors invoquons-le sans perdre cœur et pour cela revêtons nous « d’humilité, de douceur et de patience, supportons-nous les uns les autres avec amour ; ayons soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix ».

Oui L’abbé Pettan et André que nous voulons honorer sont bien là, au cœur de notre Eucharistie célébrée dans l’espérance et la foi en l’avenir.

 

Abbé Daniel Décha 

 

 



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Homélie du 17ème dimanche du TO à la Tri
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