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Homélie de l'abbé Daniel Décha pour la Nativité

      « Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

     Marie et Joseph ont fait un long chemin avant d’arriver à Bethléem. La ville du recensement décrété par un édit de l’empereur Auguste. Comme Joseph est originaire de ce pays, il fait partie de ce village près de Jérusalem. Marie enceinte de l’Enfant-Dieu est arrivée avec lui au but du voyage. Un pèlerinage dans les vallées, les collines et les plaines de ce beau pays où Dieu s’est révélé au peuple élu et bien sûr à la descendance de Joseph. Il est venu le temps de s’inscrire…            Pourtant tout ne va pas comme ils le souhaiteraient… Il n’y a plus de place à l’hôtellerie dans la salle commune.

      Ce couple ne serait-il pas le bienvenu ?

      Y a-t-il aujourd’hui une place dans nos cœurs de chrétiens ?

     Il semblerait que nous ne faisons pas, comme hier, une place à Marie et Joseph. De plus en plus, une distanciation s’est opérée, s’est réalisée entre nous et Dieu.

     C’est bien dommage que nous courions pour d’autres réalités… Si bien sûr vous êtes là ce soir, c’est que déjà vous souhaitez honorer ce couple porteur d’espérance. Cependant, la majorité d’entre nous a mis Dieu à part… Il n’est plus présent dans la vie des hommes.

     Notre évêque dans son message de Noël écrivait en s’appuyant sur le Pape Benoît XVI, et je fais miennes ces paroles qui me semblent à juste titre dessiner à gros traits la réalité d’aujourd’hui. J’aurais pensé que la survenue de cette pandémie aurait bousculé notre réflexion, nous poussant à reconsidérer notre éloignement effectif de Dieu, notre distanciation.

     « Et en effet, l’homme tend plus que jamais à se séparer de Dieu, son Créateur et Père : « À ce moment de notre histoire, comme l’écrivait Benoît XVI, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes, et tandis que s’éteint la lumière provenant de lui, l’humanité manque d’orientation et ses effets destructeurs se multiplient en son sein ». Les atteintes, pour raison sanitaire, « manifestement et gravement illégales » à la liberté de culte, dénoncées par le Conseil d’Etat, et le projet de loi pour renforcer les principes républicains, en vue de combattre le séparatisme islamiste, pourraient bien contribuer à restreindre un peu plus la liberté religieuse. »

     Nous sommes dans une période clé. Si les chrétiens pouvaient véritablement laisser une place dans leur vie à ce Dieu qui s’est fait homme, Jésus-Christ… C’est une grâce que nous recevons. Une grâce, qu’est-ce-à-dire ? La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ.

      Dieu se donne gratuitement, comme le révèle l’apôtre saint Paul à Tite.

    Il se donne gratuitement… Alors pourquoi n’ouvrons-nous pas nos portes à Dieu rédempteur de l’homme ? SI la salle commune ne peut accueillir le « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. », par qui pourra-t-il être accueilli ? … Il ira dans d’autres lieux, où il le sera.

      D’ailleurs dans la nuit du monde, ayant reçu le message, des anges sont venus pour voir le nouveau-né. « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

     Ce ne sont plus les habitants de Bethléem qui sont venus contempler le nouveau-né, mais les bergers de la nuit. Ce soir nous en faisons partie. Car ce n’est pas une histoire du passé… Mais une histoire bien actuelle. La venue dans notre monde du Dieu d’amour.

    Venez, frères et sœurs bien-aimés ! Venez mêler vos voix aux chants des anges. Louez le Seigneur de l’univers ! Mais, me direz-vous, en ces temps de confinements qui alternent avec déconfinements, en ces temps où l’économie mondiale semble ébranlée par cette pandémie, comment pouvons-nous être dans la joie et mêler nos voix aux chants des anges ?

      J’ai en mémoire les paroles de Frère Roger, de Taizé. Lucide devant les difficultés de la vie, lui qui avait connu, en ces débuts en 1940, la guerre qui sévissait, puis ensuite lorsqu’il lui fallait ouvrir les cœurs au Dieu de miséricorde, s’écriait : « Qui souhaiterait une existence sans contradictions, sans heurts, sans oppositions, sans critiques, tomberait dans l'angélisme. Mais face aux ébranlements, en soi-même, dans l'Église ou dans les sociétés humaines, deux voies se présentent : ou bien peines et angoisses se muent en dolorisme, en amertume ; alors, geignant sous le poids qui l’écrase, l'homme se fige sur place et tout est perdu. Ou bien peines et tristesses trouvent une issue dans la louange de Son amour. Elle arrache à la passivité et permet de prendre à bras-le-corps tout événement. »

 

     La louange avec les anges… Voilà bien un chemin véritable dont les chrétiens sont responsables plus encore. C’est un talent que nous ne devons pas enfouir mais manifester. Comme le font nos chants, avec les chants de la chorale qui reprend peu à peu vie même si les règles sont sévères.

     Je voudrais terminer par les paroles de notre évêque : « Dieu s’est fait petit enfant, pour ne pas nous effrayer. Depuis la crèche de Bethléem, il semble nous dire, comme aux heures les plus difficiles de l’histoire de son Peuple : « Je suis Dieu, il n’en est pas d’autre » (Is 45, 21) ; et : « Confiance, c’est moi : n’ayez pas peur ! » (Mc 6, 50). Ne vous laissez pas gagner par la peur qui paralyse et empêche de prendre du recul pour évaluer la gravité de l’épidémie, et de la hauteur pour discerner les vraies finalités de l’existence humaine. N’ayez pas peur de venir à Jésus ! Lui seul a les paroles de la vie éternelle. Avec lui, qui est toujours avec nous, nous ne craignons aucun mal : il ouvre devant nous, au cœur de nos plus lourdes épreuves, un chemin de lumière et de vie, d’espérance et d’amour. »

 

Abbé Daniel Décha

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25 décembre
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Homélie de l'abbé Daniel Décha pour la Fête de la Sainte-Famille (27 décembre)

     Quelques jours après la fête de Noël, l’Église nous invite à honorer la sainte Famille.

     Marie et Joseph viennent au temple de Jérusalem avec l’enfant Jésus pour deux cérémonies différentes. Ces deux cérémonies concernent pour l’une la maman, pour l’autre l’enfant premier-né : elles sont inscrites dans le rituel des juifs selon la loi de Moïse. Marie et Joseph suivent les prescriptions ; ils s’appliquent à suivre les recommandations qui sont édictées par la Loi de Moïse. En effet le Livre du Lévitique précise d’abord pour la mère qui vient d’avoir son enfant, qu’elle devra se purifier après l’accouchement… et ensuite il leur est demandé de consacrer à Dieu leur enfant premier-né selon ce que prônait la loi de Moïse : « Consacre-moi tous les premiers-nés parmi les fils d’Israël, car les premiers-nés des hommes et les premiers-nés du bétail m’appartiennent. »

     Cela dit, ils entrent dans le temple de Jérusalem au moment où s’avance un témoin de la Foi… Lié à la Première Alliance, il attend le Messie d’Israël. C’est alors qu’il prophétise devant les parents qui viennent offrir deux tourterelles, comme le prescrit la Loi.

     Syméon attendait la consolation d’Israël.

     La consolation, ce terme est fort et sans ambages.

     Pourquoi le peuple de Dieu, qui attendait l’intervention de Dieu annoncée par les prophètes et notamment Isaïe, souhaitait-il que Dieu apporte consolation ?

     Déjà dans les temps anciens, un prophète anonyme de la fin de l’Exil (VIe siècle av. J.-C.) a placé sa prédication sous l’autorité du prophète Isaïe et témoigne de la fidélité du Seigneur aux promesses qu’il a faites à son peuple. Comme un « veilleur » et plus encore comme un « messager de la Bonne Nouvelle », il annonce au peuple anéanti par les conséquences de ses fautes, le salut tout proche, la délivrance de l’Exil à Babylone. »

     Syméon, lui-même attendait avec le Peuple de Dieu une survenue de Dieu dans l’histoire humaine. Celui-ci a des paroles fortes qu’il met dans la bouche de Syméon. Arrivé à un grand âge, il est prêt à rejoindre la Terre promise… Car devant lui se tient l’enfant de la promesse, celui qui allait libérer le peuple des misères qu’il cumule avec le temps du fait de la tromperie du malin qui s’est emparé d’Adam et d’Ève en les faisant chuter, et qui se transmettent de génération en génération depuis ce jour-là. Ce n’est pas de l’emprise de l’empire étranger que Dieu va délivrer le peuple d’Israël. Il subit le pouvoir de l’empire romain comme il avait subi au long des siècles la domination assyrienne, babylonienne, perse, grecque. Ce n’est plus de cela que Dieu va libérer la terre entière mais du malheur qu’engendre le péché.

     Péché de l’homme dû à son orgueil sans limite, de vouloir bâtir une cité sans Dieu et même de prendre sa place pour déterminer le Bien du Mal. Et même appeler bien ce qui est mal, et mauvais ce qui est bien.

     Il vient donc pour libérer l’homme de l’entrave du Péché.

     « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. »

    Frères et sœurs, ces paroles nous sont adressées à nous qui sommes au cœur de l’histoire humaine. La consolation c’est l’apaisement que vient apporter le Christ entouré de Marie et Joseph. Il nous est bon de nous mettre à l’abri au sein de ce couple dont l’étonnement est grand d’entendre les paroles de Syméon.

     Il nous est bon de nous mettre dans le cœur de Marie et de Joseph même si des épreuves traverseront encore notre existence. Car qui veut suivre l’Évangile ne peut que rencontrer autour de lui la contradiction. Jusqu’à être blessé dans son cœur comme le sera la Vierge Marie au pied de la Croix.

    C’est une famille exemplaire qu’il nous est donné de contempler. Une sainte famille. Une famille fidèle à la loi de Moïse, comme nous devons être fidèles à l’Évangile, et fidèles à pratiquer régulièrement l’Évangile non seulement en allant à la messe chaque dimanche mais aussi en vivant en actes la parole.

    Une famille qui n’a pas peur de traverser les épreuves de la vie. Comme Marie et Joseph, nous sommes amenés à traverser les épreuves de la vie en nous confiant à la miséricorde de Dieu.

     Sainte Famille !

 

 

Abbé Daniel Décha

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27 décembre
Homélie de la Sainte Famille Abbé Décha.
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