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Homélie de l'abbé Daniel Décha - 18 octobre 2020

Frères bien aimés en Christ,

ce matin, nous avons la joie d’accueillir l’Association portugaise de Flores. Cette présence n’est pas sans lien avec la date du 13 octobre, puisque l’Église a célébré la fête de Notre Dame de Fatima ce 13 du mois. Depuis le 13 mai chaque mois et jusqu’à cette date du 13 octobre, la Vierge Marie est apparue à trois enfants issus de familles portugaises. Lucie, Jacinthe et Francesco ont été choisis par Marie. Ils ont vu de leurs yeux la Vierge. Pour rappeler cet événement qui s’est déroulé voilà plus de 100 ans, chaque année l’Église du Portugal se mobilise à Fatima. Nous nous associons à cet évènement en ce dimanche en accueillant ce groupe de chanteurs et de danseurs originaires du Portugal. Cette année les restrictions sanitaires ne nous permettent pas de processionner à l’extérieur de l’église et elles obligent ce groupe à modifier leur présence. Par exemple, ils ne porteront pas leur habit traditionnel… Nous voulons avec eux honorer la Mère du Sauveur ; nous voulons la prier, magnifier son nom, elle qui a reçu de l’ange Gabriel la mission de mettre au monde Jésus, le Fils de Dieu.

Grâce à elle, le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. L’incarnation du Fils de Dieu a pu se réaliser grâce à la Vierge Marie. Elle a porté le Verbe de Dieu. Elle n’a pas craint de répondre favorablement à la demande de Dieu par l’intermédiaire de l’ange Gabriel.

Grâce à elle et à son oui la Parole de Dieu s’est incarnée dans l’histoire de notre humanité. Parole de Dieu qui a pour nom Jésus-Christ.

A notre tour, il nous importe de présenter au monde le Christ vivant en sa parole et son eucharistie. Nous le ferons en proclamant, et en annonçant la Parole Dieu. C’est là notre mission aidée par la Vierge Marie du Cénacle.

La Parole de Dieu est vivante… Elle nous est donnée chaque jour et bien sûr plus encore chaque dimanche.

 

Que dire de l’Évangile de ce jour, qui retient notre attention ?

Tout d’abord, que Jésus, comme tous les prophètes passés, est en butte à la contradiction. Les pharisiens et les hérodiens font tout pour lui tendre un piège. Ils s’organisent et tiennent conseil entre eux. Cela me fait penser au piège qu’ils lui avaient tendu lorsqu’ils avaient pris en flagrant délit la femme adultère. Jésus avait remis en place ces contradicteurs, leur disant que celui qui n’avait jamais péché lui lance la première pierre. Ils étaient tous partis en commençant par les plus vieux. Et voilà que sa réponse à propos de l’impôt dû à César est de la même veine : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Ces derniers étonnés et surpris de sa réponse s’en allèrent sans pouvoir ni le prendre ni le saisir pour l’arrêter.

De même nous aussi sommes amenés à rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Au besoin de pouvoir reconnaître les bienfaits dont Dieu nous a comblés par le baptême et la confirmation. Le baptême qui est au cœur de notre existence chrétienne.

 

La semaine missionnaire est l’occasion d’interroger notre vie baptismale. Je cite : « Mon baptême me pousse-t-il à être témoin du Christ ? Ai-je conscience d’être envoyé en mission, et même à la suite d’Isaïe, d’être prophète ? « Me voici, envoie-moi ! » La réponse claque, simple, joyeuse, ardente ; mais elle n’est pas facile à prononcer jour après jour. La Bible regorge des différents prophètes qui, inlassablement, annoncent le message divin, mais se font souvent rejeter tant la Parole vient contrecarrer les projets trop humains. Saint Paul, avec sa fougue, remet en place les faux prophètes qui détournent les croyants du cœur de la foi. Jésus vient habilement nous éclairer sur les choix à faire : entre Dieu et César, il faut choisir, dans un vrai exercice de liberté intérieure. Demandons la grâce de vivre en prophètes en n’oubliant pas le but de l’annonce : « l’amour, la charité, qui vient d’un cœur pur, d’une conscience droite et d’une foi sans détours » (1Tm 1, 5).

Frères et sœurs bien-aimé en Christ, le pape François lui-même nous conseille avec vigueur.

« Dieu continue de chercher qui envoyer au monde… Comprendre ce que Dieu est en train de nous dire en ce temps de pandémie devient aussi un défi pour la mission de l’Église. La maladie, la souffrance, la peur, l’isolement nous interpellent. La pauvreté de qui meurt seul, de qui est abandonné à lui-même, de qui perd son travail et son salaire, de qui n’a pas de maison et de nourriture nous interroge. Obligés à la distance physique et à rester à la maison, nous sommes invités à redécouvrir que nous avons besoin de relations sociales, et aussi de la relation communautaire avec Dieu. Loin d’augmenter la méfiance et l’indifférence, cette condition devrait nous rendre plus attentifs à notre façon d’entretenir nos relations avec les autres. Et la prière, par laquelle Dieu touche et meut notre cœur, nous ouvre aux besoins d’amour, de dignité et de liberté de nos frères, de même qu’au soin de toute la création. L’impossibilité de nous réunir en tant qu’Église pour célébrer l’Eucharistie nous a fait partager la condition de nombreuses communautés chrétiennes qui ne peuvent pas célébrer la Messe chaque dimanche. Dans ce contexte, la question que Dieu pose : « Qui enverrai-je ? », nous est adressée de nouveau et attend de nous une réponse généreuse et convaincue : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6, 8). Dieu continue de chercher qui envoyer au monde et aux nations pour témoigner de son amour, de son salut du péché et de la mort, de sa libération du mal (cf. Mt 9, 35-38 ; Lc 10, 1-12).

 

 

Abbé Daniel Décha

 

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Homélie du 18 octobre 2020 - Abbé Daniel Décha
29° TO A 2020 Frères biens aimés en Chri
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Homélie de l'abbé Marc Matondo - 18 octobre 2020

Frères et sœurs !

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Telle est la réponse que Jésus donne aux disciples des pharisiens et aux partisans d’Hérode qui viennent lui tendre un piège. Une complicité bien menée et un complot bien monté pour accuser Jésus qui devient de plus en plus embarrassant. Les pharisiens ont imaginé un scénario où il sera difficile à Jésus de s’en tirer. Sans doute, ils ont entendu Jésus enseigner à ses disciples que devant une situation il faut que ton oui soit oui et que ton non soit non (cf. Mt 5, 37). Dans la logique des pharisiens, Jésus est pris au piège, quoiqu’il dise, il ne pourra pas s’échapper.

« Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Le coup de génie de Jésus est de leur demander d’apporter une pièce d’un denier romain. « Cette effigie et cette inscription, demande-t-il, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « de César. » Alors il leur dit : « rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

Frères et sœurs ! Cette réponse lui permet à la fois de contourner ce piège et de leur donner un enseignement. Car Jésus pouvait simplement se contenter de dire “rendez à César ce qui est à César”, mais il va plus loin en nommant Dieu. Il veut faire réfléchir ses interlocuteurs sur la dimension cachée, spirituelle de sa réponse. En effet, en reconnaissant l’image de l’autorité suprême de l’empire, les juifs reconnaissent une certaine soumission au pouvoir temporel. Cependant, en posant la question de l’image qui figure sur la pièce, Jésus les invite à penser à une autre image. S’il faut rendre à César ce qui porte l’image de César, que doit-on rendre à Dieu ? Comment découvrir l’image de Dieu ? Dans la Genèse, Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance, (…) et Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme... ». Si les pharisiens se posent des questions sur l’argent, Jésus leur fait comprendre que la question la plus importante concerne d’abord l’homme. De même que les pharisiens se préoccupent plus du respect de la loi du sabbat, Jésus leur dit que « le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. » (Mc 2, 27).

 

Frères et sœurs, nous sommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous sommes appelés à vivre en communion avec lui. Si l’argent qui porte la marque de l’autorité politique retourne légitimement vers cette autorité en payant l’impôt, la personne humaine qui est marquée dès l’origine par l’image de Dieu a vocation à retourner vers Dieu. Ce retour vers celui qui a marqué notre cœur de son image ne se réalise pas seulement à la fin de notre vie, mais nous sommes invités à reconnaître sa présence et son autorité à chaque instant de notre vie.

Si l’État met la pression sur le peuple afin de payer l’impôt, le Seigneur fait appel à notre liberté. Mais la liberté que nous avons de nous tourner vers notre Père du ciel n’enlève rien à la nécessité du temps que nous consacrons au Seigneur. Étant marqués du sceau de l’Esprit saint, c’est toute notre vie qui est appelée à devenir une offrande pour Dieu, par la prière et les services que nous pouvons rendre en Église. Quand nous prenons le temps de la prière, quand nous assumons un service ou une œuvre de charité, nous rendons simplement à Dieu ce qui lui appartient.

 

Prions le Seigneur pour que notre relation avec le monde soit marquée de l’empreinte de notre relation à Dieu et que le monde découvre en nous la présence de Dieu fait-homme !

Amen

 

 

Abbé Marc Matondo

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Homélie du 18 octobre 2020 - Abbé Marc Matondo
Homélie du 29 ème dimanche ordinaire A.p
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